Nous contacter Nous contacter
Charte éditoriale Charte éditoriale
Qui sommes-nous ? Qui sommes-nous ?
  • Economie
  • Emploi
  • Social
  • La parole à...
  • Formation
  • Les temps forts
Accueil arrow La parole à... arrow Après les pâtissiers, les journalistes
Après les pâtissiers, les journalistes Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
17-11-2008
 Billet d'humeur. Jamais les médias n’ont été aussi présents, et jamais les journalistes n’ont été aussi malheureux. Jamais les propriétaires des médias

n’ont été aussi à droite, et jamais les journalistes n’ont été aussi à gauche.

 

Jamais la quantité d’informations disponibles n’a rythmé à ce point la vie des gens, et jamais les professionnels de l’information en ont si peu profité.

Ce sont là quelques uns des paradoxes qui affligent, avec une brutalité inouïe, le beau métier de l’information. Oui, c’est un beau métier. C’est d’abord une façon de sentir, de vivre, d’être présent au monde, pour reprendre le vocabulaire infatué des structuralistes. Mais en quelques années, les tsunamis successifs des gratuits et d’internet ont eu tôt fait de recouvrir, avant de l’engloutir, ce qui restait de la presse. Nous voilà tous immergés dans la grande mélasse de la blogosphère et de la vidéo people, sorte d’immense agora informationnelle où des journalistes essaient de nager pour survivre et faire leur métier.

En fait, il arrive à la profession ce qui est arrivé aux pâtissiers quand ils ont vu les boulangers se mettre à vendre des croissants et des pains aux chocolats : d’abord l’incrédulité, ensuite la réaction tardive, enfin la mort. Les mêmes boulangers, eux, ont bien failli mourir par l’envahissement des grandes surfaces. Les salons de thé (ah, les salons de thé…) n’ont pas eu cette chance. Ils ont vu les snacks envahir les centres-villes et ne s’en sont jamais remis. Sans parler des photographes d’art, qui ont observé d’abord quelques rares personnes utiliser des appareils numériques, avant de voir, en un clin d’œil, deux milliards d’être humains prendre des photos avec un téléphone portable.

Foin des analogies. Y a-t-il encore de la place pour la recherche d’informations, pour leur recoupement, puis la vérification, la mise en forme, le décryptage, le raffinage, et la mise à disposition du public ? Le tout avec un minimum de fautes d’orthographe, une petite mise en perspective des faits, si possible un peu de recul, et, on peut rêver, un brin d’humour ?

Au train où vont les choses, il est permis d’en douter. Au fond, les lecteurs semblent se contenter très bien de l’existant, les patrons de presse s’accomodent très bien de la dictature du quarterly report, les rédacteurs en chef se rangent prudemment du côté de la direction pour ramasser les miettes du repas, et les rédacteurs encore en place font le gros dos.

Reste, évidemment, les journalistes qui ont été poussés vers la sortie, mais ceux-là sont atomisés, inutiles, avec une énergie qui tourne à vide.

Dans ces conditions, on est tenté de donner raison à l’encore sémillant Alain Minc, qui déclarait l’autre jour que, pour faire du journalisme, il fallait remplir l’une ou l’autre de ces deux conditions : avoir une fortune personnelle, ou mener une vie d’ascète. Il existe pourtant, comme à l’ENA, une troisième voie. Celle qui consiste à persévérer. Pour Saint-Augustin, c’est parce qu’il est difficile de réussir qu’il est nécessaire d’entreprendre. Et pour Véronique Sanson (mais oui), celui n’essaye pas ne se trompe qu’une seule fois. Ce qui, à plusieurs siècles d’écart, revient au même.

Ecrit par Pierre-Antoine Merlin, journaliste indépendant.

 
Suivant >
[ Retour ]
Accueil Accueil
En quelques mots
Glossaire
Vos rendez-vous

En bref

06/01. Crise : les PME en mal de crédits dans l’hexagone selon l'étude AFTE.

05/01. L’examen du projet de loi sur le travail dominical reporté au 22 janvier.

 

19/12. L’emploi cadre est en recul dans la plupart des secteurs d’activité selon l’Apec.

 

18/12. Secteur auto : L'équipementier Valéo devrait supprimer 1600 postes en France.

 

17/12. Chômage partiel en voie d'être indemnisé à 60% de la rémunération horaire brute.

 

15/12. Les syndicats appellent le monde du travail à une journée de grève et de manifestation le 29 janvier 2009.

 

15/12. Stress au travail : le patronat conscient du mal-être en entreprise (Lemonde.fr).

 

10/12. Le projet de loi de finances 2009 a été adopté cette nuit par le Sénat. Avec un déficit de l’Etat de 57 milliards d’euros.

 

9/12. Social : la convention d'assurance chômage en cours de négociation.

 

8/12. Travailler le dimanche : les salariés auront le droit de refuser de travailler le dimanche (le Monde.fr).

 

3/12. Les élections prud'hommales ce jour pour 18 millions de salariés du secteur privé.

© 2009 Cmontaf.com
Joomla! est un logiciel libre distribué sous licence GNU/GPL.