Patrons et sans-papiers main dans la main
24-04-2008

ImageImmigration. Régularisation. Il aura fallu une grève des sans-papiers pour parler haut et fort  du travail illégal ! Mais aussi … pour régulariser des salariés très utiles…. Sénégalais, maliens, sri-lankais…

...autrement dit des agents de sécurité, des éboueurs, des cuisiniers, des employés du BTP d'Ile de France embauchés légalement, mais démunis de papiers, font grève pour se faire entendre.

 

Leur objectif : obtenir une situation régulière, et qui plus est, de meilleures conditions de travail. Travaillant parfois près de 45 heures par semaine, ils ont pour la plupart des feuilles de salaire, une carte vitale, et paient leurs impôts et les cotisations sociales depuis plusieurs années. Mais sans titre de séjour. Depuis, les patrons concernés souhaitant garder leurs salariés, se mobilisent.

Les grévistes soutenus par les syndicats et les patrons. Dans la restauration où plusieurs milliers d’employés seraient sans papiers, Bruno Druilhe, fondateur de la chaîne de restaurants «Chez Papa» se mobilise pour faire régulariser ces employés. Pris d’une fibre sociale, il souligne qu’ « il n’est pas question de les mettre sur le carreau, c’est aussi grâce à eux que j’ai pu fonder mon entreprise ».  Et il affirme dans l’émission "C dans l’air" du 23 avril (France 5), qu’ils sont déclarés en bonne et due forme et qu’ils sont payés selon leur qualification entre 1400 et 1700 euros. De plus, ils ont été formés à la cuisine française !

Une loi remise en cause. Depuis le premier juillet 2007, les employeurs doivent vérifier les papiers de leurs employés étrangers et les présenter à la préfecture qui donnera le cas échéant le feu vert. Des démarches pas si simples à écouter les employeurs. Face à ce mouvement –une première en France-, le porte-parole du gouvernement a précisé que les dossiers seront étudiés au cas par cas et qu’il n’y aura pas de  régularisation massive. On peut supposer que la situation des six cent grévistes embauchés légalement et suivis par les syndicats s’arrangera.

 

Des solutions ? La CGT qui a coordonné cette action depuis quelques jours, évoque "une possible sortie de crise". Surtout s’il y a pénurie de main d’œuvre dans les secteurs concernés. Mais quid des autres salariés dans la même situation ? A l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie, on parle déjà de 50 000 travailleurs à régulariser. Ce qui a poussé les patrons de PME à rédiger une proposition de loi qui prendrait en compte la réalité économique. Affaire à suivre....

 

 

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